Batterie usagée : recyclage ou seconde vie ? Ce qu’il faut savoir (2025)
On imagine souvent qu’une batterie de voiture électrique usagée devient un objet inutilisable, bon à oublier dans un entrepôt, mais la réalité est tout autre. Une batterie conserve une partie importante de sa capacité bien après sa vie sur la route. Alors Mob-E a suivi pour nous le parcours réel de ces batteries pour comprendre ce qu’il se passe après leur “première vie” et la conclusion est plutôt rassurante : rien ne se perd, tout se transforme.
Dès que votre batterie devient faible, tout un circuit de collecte prend le relais
Aujourd’hui, lorsqu’une batterie de véhicule électrique perd de son autonomie, le conducteur n’a aucune démarche administrative complexe à effectuer à ce sujet. En France et partout en Europe, un réseau de collecte agréé prend désormais en charge cette problématique. Ce réseau est constitué de garages, de concessions et de centres partenaires. Ces professionnels sont spécialement habilités à identifier les batteries hors d’usage et à les transférer à des équipes spécialisées et formées pour les manipuler en toute sécurité.
Ces équipes gèrent le transport, le diagnostic et l’acheminement des batteries vers une usine de recyclage ou de reconditionnement. Depuis 2025, la Responsabilité Élargie du Producteur (REP), une réglementation européenne, oblige les constructeurs à financer intégralement la collecte et le traitement des batteries usagées. Pour le conducteur, cela veut dire que tout est entièrement pris en charge, sans aucun coût ni démarche administrative.

Une batterie qui ne roule plus peut encore rendre bien des services
Quand une batterie a perdu en capacité, elle peut encore faire rouler un véhicule, mais avec moins d’efficience et une autonomie plus faible. Elle devient alors moins adaptée à l’usage automobile du quotidien, mais en général, elle conserve entre 70 et 80% de sa capacité, ce qui est largement suffisant pour d’autres usages. Plutôt que de la démonter, on peut lui offrir une seconde vie dans le stockage stationnaire. En d’autres termes, on peut par exemple, l’installer dans un bâtiment, un conteneur ou un site industriel, pour stocker l’électricité solaire produite la journée par les panneaux solaires présents sur la structure et la restituer le soir.
Et en 2025, plusieurs projets concrets montrent que cette idée fonctionne déjà. À l’aéroport de Rome par exemple, Enel a installé un système de stockage de 10 MWh, composé uniquement de batteries de véhicules en fin de vie, c’est l’équivalent de la consommation quotidienne de plus de 1 000 foyers.
En France, la start-up Marny Energy reconditionne ces batteries dans des conteneurs connectés à des panneaux solaires, pour assurer l’autonomie électrique de petits bâtiments, de bornes de recharge ou d’événements mobiles. Et en Allemagne, la société Voltfang a ouvert la plus grande usine européenne dédiée aux batteries de seconde vie. Son premier client, l’enseigne Aldi, s’en sert pour stocker l’énergie produite sur les toits de ses supermarchés et réduire fortement sa facture d’électricité.
Tous ces exemples nous montrent que ces batteries peuvent encore fonctionner pendant dix à quinze ans, avec un rôle clé dans la transition énergétique locale. Un second usage loin des routes, mais toujours utile.
Une filière de la seconde vie encore jeune, mais en pleine accélération
Bien que des progrès restent à faire, la seconde vie des batteries avance à grands pas. On sait déjà récupérer plus de 90% des métaux précieux, comme le cobalt ou le nickel, qui repartent ensuite dans la fabrication de nouvelles batteries. Le lithium, longtemps plus complexe à recycler, fait désormais l’objet de procédés plus sobres et mieux maîtrisés. Chaque année, les techniques gagnent en performance, preuve que l’innovation tire la filière vers le haut.
La sécurité, elle aussi, progresse vite. Avant toute réutilisation, chaque batterie est testée, déchargée et isolée pour éviter tout risque d’échauffement. Les centres spécialisés disposent désormais de zones confinées et de systèmes de refroidissement adaptés. Les constructeurs, de leur côté, intègrent des mécanismes de coupure automatique qui désactivent la batterie en cas d’accident.
Vous l’aurez donc compris, le potentiel de développement de la seconde vie est encore immense, même si le nombre de batteries prêtes à être reconditionnées reste encore limité. Le secteur est déjà structuré, les outils industriels sont là et la baisse des coûts joue en faveur des solutions de seconde vie. Les défis à surmonter sont ceux de standardiser les formats, d’automatiser le tri et de construire la confiance autour de cette nouvelle étape du cycle électrique.

Pour vous alors, conducteurs, qu’est-ce que tout cela apporte vraiment ?
Quand on parle de cette “seconde vie des batteries”, on imaginait auparavant un parcours technique, rempli de démarches complexes… Mais la réalité est désormais beaucoup plus simple.
Quand une voiture électrique arrive en fin de vie, sa batterie suit un parcours encadré par la Responsabilité Élargie du Producteur, imposée par le règlement européen UE 2023/1542. Autrement dit, c’est au constructeur lui-même d’organiser la collecte, le retrait et le traitement de la batterie, via un réseau agréé de centres “VHU” (Véhicule Hors d’Usage). Le conducteur n’a donc rien à gérer, la filière prend le relais, du démontage jusqu’au transport vers les sites de reconditionnement ou de recyclage. Selon l’état de la batterie, elle peut même être valorisée ou rachetée avant d’entamer sa seconde vie énergétique.
Mob-E est allé vérifier les moyens mis à votre disposition pour savoir ce que devient votre ancienne batterie et vous pouvez même suivre son empreinte environnementale grâce à des documents de traçabilité désormais accessibles. Avec les différents exemples que l’on a cités précédemment, il est clair que ces solutions de seconde vie sont déjà une réalité fonctionnelle, utilisées dans divers domaines tels que les conteneurs solaires, les supermarchés et les bâtiments autonomes, dépassant ainsi le stade de simples projets futuristes.
Mais attendez, pas de panique si certains aspects vous semblent encore un peu flous, Mob-E vous a résumé l’essentiel pour répondre directement et clairement à vos questions les plus fréquentes.

En 2025, une batterie en fin de vie, ce n’est donc plus un problème, mais plutôt une ressource utile. Grâce au recyclage ou au reconditionnement, elle garde généralement une grande partie de son efficacité, même après avoir quitté la route. Elle peut alimenter des bâtiments, stocker l’énergie solaire ou même que ses métaux soient réutilisés dans de nouvelles productions.
Elle change de rôle, mais son impact reste toujours positif. C’est dans cette logique d’économie circulaire que chaque batterie devient un élément indispensable pour l’avenir de notre énergie renouvelable.
*Les informations de cet article sont basées sur les données publiques disponibles en 2025. Les tarifs et dispositifs peuvent varier selon la localisation et les fournisseurs. L’ensemble des informations précises est à retrouver ci-dessous.