Comment les véhicules électriques transforment le paysage sonore des villes
Lundi, 05 janvier 2026
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Comment les véhicules électriques transforment le paysage sonore des villes

Avez-vous remarqué ce calme relatif, ou plutôt ce nouveau type de bruit qui émerge progressivement dans nos rues ? La voiture électrique transforme en profondeur l’ambiance sonore de nos villes. Fini le vrombissement caractéristique du moteur thermique au feu rouge...

Avez-vous remarqué ce calme relatif, ou plutôt ce nouveau type de bruit qui émerge progressivement dans nos rues ? La voiture électrique transforme en profondeur l’ambiance sonore de nos villes. Fini le vrombissement caractéristique du moteur thermique au feu rouge et place à un léger sifflement futuriste qui change notre rapport à l’espace urbain. Mob-E a tendu l’oreille pour comprendre comment le silence et le son cohabitent désormais et pourquoi votre voiture a l’obligation légale de se faire entendre.

L’AVAS, le son obligatoire pour la sécurité des piétons

Le silence absolu peut devenir dangereux, surtout pour les piétons distraits et les personnes malvoyantes qui se fient à leur ouïe pour traverser en sécurité. C’est pourquoi l’Europe impose désormais l’installation d’un système d’alerte appelé AVAS (Acoustic Vehicle Alerting System). 

En 2026 la règle est simple, chaque voiture électrique neuve doit émettre un son artificiel continu dès qu’elle roule à basse vitesse, généralement en dessous de 20 km/h. Ce son n’est pas agressif et correspond à peu près au volume d’une conversation animée ou d’un réfrigérateur en marche, pour prévenir de l’approche du véhicule, sans réveiller tout le quartier.

Une évolution importante concerne aussi votre liberté d’action au volant. Sur les anciens modèles, il était parfois possible de couper ce bruit via un bouton. Aujourd’hui, c’est terminé. Il est impossible de désactiver ce son manuellement, car la sécurité des usagers vulnérables passe avant le désir de silence total du conducteur.

Trouver le juste équilibre, pour protéger les plus vulnérables

L’objectif de ce dispositif n’est donc pas de recréer le bruit de la ville d’avant, mais bien de trouver un compromis intelligent et équilibré. Pour cela, le système doit être suffisamment audible pour alerter efficacement un piéton qui s’apprête à traverser sans prêter attention, garantissant ainsi sa sécurité.

Mais dans le même temps, il est impératif que le dispositif reste suffisamment discret pour réduire significativement la pollution sonore globale. Vous l’aurez donc compris, cela tient parfois à un jeu d’équilibriste, pour à la fois concilier la sécurité active indispensable en milieu urbain, avec la promesse d’une ville plus apaisée et silencieuse, rendue possible par l’essor de la mobilité électrique.

Au-delà de 30 km/h, le pneu reprend ses droits physiques

Il ne faut cependant pas s’imaginer que la ville va devenir totalement muette du jour au lendemain, car une règle physique reprend vite le dessus. C’est celle du bruit de roulement. Dès que votre voiture dépasse une petite vitesse située entre 30 et 40 km/h, le simple frottement des pneus sur le bitume génère à lui seul autant de décibels qu’un moteur thermique. À cette allure, une voiture électrique fait alors quasiment autant de bruit qu’une thermique moderne pour les gens qui sont sur le trottoir.

Concrètement cela veut dire que sur un périphérique ou une avenue passante, le niveau sonore ne va pas chuter miraculeusement. Le vrai changement de vie se joue ailleurs, dans les rues de quartier et les Zones 30. C’est là, quand les voitures roulent doucement ou redémarrent au feu vert sans aucune vibration, que le calme revient vraiment pour les riverains.

Quand le son aide à mieux conduire et à se sentir bien

Le silence total peut aussi avoir un effet négatif, car il coupe le conducteur de la route. On perd la sensation de vitesse et parfois cela peut même donner un peu la nausée. C’est un phénomène connu que Mob-E nous rappel, celui du cerveau qui est perdu entre le défilement du paysage (rapide) et l’absence de bruit (calme). Pour éviter cela, des experts comme ceux de Yamaha travaillent sur des sons qui accompagnent l’accélération. L’idée n’est pas d’imiter le bruit d’un simple moteur, mais de créer une ambiance sonore qui suit vos mouvements.

Et c’est une approche qui joue directement sur votre bien-être. En alignant ce que votre oreille entend avec ce que votre corps ressent quand vous appuyez sur la pédale, on réduit significativement le mal des transports

Chez Mercedes-Benz par exemple, la voiture devient presque un instrument de musique. Le son change subtilement, selon que vous conduisez de manière souple ou dynamique, pour vous garder connecté à la route, sans jamais vous agresser les oreilles.

À chaque marque sa propre mélodie

Puisque le moteur ne fait plus de bruit par nature, les constructeurs ont dû inventer leur propre signature sonore. C’est un peu comme une sonnerie de téléphone, car chaque marque veut désormais être reconnue à l’oreille dans la rue. Mercedes-Benz a par exemple créé des ambiances fluides et futuristes, telles que les « Silver Waves », qui évoquent des films de science-fiction, plutôt qu’une simple sonorité de mécanique automobile.

D’autres jouent sur des registres différents pour coller à leur histoire. Jeep a notamment travaillé sur des sons plus graves et plus lourds pour son système d’alerte. Cela permet d’évoquer des touches de robustesse et de tout-terrain, même sans gros moteur sous le capot. De son côté, MG Motor rajeunit son image en utilisant de petits jingles énergiques au démarrage de ses véhicules.

Vers une ville plus douce plutôt que muette

Finalement, Mob-E trouve que cette transformation progressive du paysage sonore urbain est une excellente nouvelle, un véritable soulagement pour nos oreilles. Loin de nous diriger vers un silence total, potentiellement dangereux, nous nous acheminons vers un environnement sonore nettement plus apaisé et harmonieux.

Les bruits de moteur thermiques, souvent agressifs, les vrombissements inutiles et les vibrations désagréables disparaissent peu à peu de nos centres-villes. Ils sont remplacés par des sons d’alerte conçus pour être maîtrisés, discrets, mais efficaces.

La voiture électrique, bien que silencieuse par nature, ne cherche donc pas à se dissimuler. Elle a intégré la nécessité de prévenir de son arrivée et le fait désormais avec politesse et considération pour les piétons. C’est là tout l’enjeu majeur de cette décennie, celui de promettre et de concrétiser une cohabitation enfin plus douce, plus respectueuse et moins stressante entre ceux qui se déplacent en véhicule et ceux qui marchent.

* Les informations de cet article sont basées sur les données publiques disponibles en 2026. Les tarifs et dispositifs peuvent varier selon la localisation et les fournisseurs.